Thursday, November 24, 2011

Boris Vian Exhibition!

I am going to this exhibition before it closes in January, 2012.  I strongly recommend everyone who has  even a slight interest in interesting culture - should go to this exhibit.  And yes, you will be poor afterwards, but then life is not always the cherry on the top of your desert.


BNF: Autant en emporte le Vian

20-10-11 à 20:57 par Leménager Grégoire Réagir

Vian n’a pas toujours été le Boris national de France qu’on célèbre dans une belle exposition à la BNF. L’histoire est parfois bizarrement fichue.

"Boris Vian" est à l'honneur, jusqu'au 15 janvier 2012, à la Bibliothèque nationale de France François-Mitterrand, 75013 Paris. Le catalogue est co-édité par la BNF et Gallimard.   "Boris Vian" est à l'honneur, jusqu'au 15 janvier 2012, à la Bibliothèque nationale de France François-Mitterrand, 75013 Paris. Le catalogue est co-édité par la BNF et Gallimard.


L’Histoire est cruelle, même quand elle semble généreuse. Prenez Boris Vian. Il se trouve aujourd’hui célébré à la BNF après avoir fait en 2010, dans la foulée du cinquantième anniversaire de sa mort, une entrée remarquée dans la Pléiade. Le cinéaste Michel Gondry adapte actuellement son «Ecume des jours», avec Audrey Tautou, Léa Seydoux, Romain Duris et Gad Elmaleh. Et Nicole Bertolt, qui sait à peu près tout sur lui, publie au Cherche-Midi un «Boris Vian, post-scriptum» plein de poèmes inédits, de dessins bizarres et de montages d’extraits de presse franchement poilants.
20 10 11 BorisVian DRArchivesCoherieBorisVianParis2011
Boris Vian face à l'Histoire? ©DR Archives Cohérie Boris Vian, Paris, 2011
Vian sur tous les fronts? Voilà bien ce qui s’appelle une consécration à retardement, pour le romancier de «Vercoquin», du scandaleux «J’irai cracher sur vos tombes» et de «l’Automne à Pékin», qui comme chacun sait ne parle ni de l’automne ni de Pékin.
Car son statut de classique contemporain fait oublier à quel point, malgré l’amitié admirative de Queneau, la vie d’écrivain de Vian fut minée par les échecs, les désillusions, la scoumoune. Comme pour le premier poète maudit venu. Et il faut croire que tout ça lui pesa un peu, puisque ce cracheur de copies surdoué tira un trait sur ses ambitions littéraires dès le début des années 1950, en finissant tant bien que mal son «Arrache-cœur».
Vian ne s’était pourtant officiellement lancé qu’en 1946, avec «l’Ecume des jours». On lui avait fait miroiter le prix de la Pléiade pour finalement le donner à Jean Grosjean. Gallimard, après avoir publié ses deux premiers romans, avait refusé poliment les autres. Une dizaine de titres plus tard, dont quatre signés Vernon Sullivan, cet homme pressé de vivre avant d’avoir du vent dans son crâne jetait l’éponge pour se consacrer à la chanson.




Il est question de tout cela, et de bien d’autres choses, dans la grande exposition que consacrent, à la BNF, Anne Mary (commissariat) et Nicole Bertolt (conseil scientifique) à ce touche-à-tout qui rétrospectivement semble avoir eu tous les talents.
Ici, on tombe sur la fameuse lettre où Queneau s’efforce, le 22 décembre 1949, de lui dire gentiment que Gallimard ne veut pas de son «Herbe rouge»: «Sommes-nous tous un peu cons? Ou bien n’as-tu pas fait ce que tu voulais faire? L’histoire littéraire en jugera, comme dirait l’autre.»
Là, c’est l’âge d’or de Saint-Germain-des-Prés, où sa première femme Michelle accueille le Duke en personne, et où le couple Vian fréquente abondamment l’équipe des «Temps Modernes», de Sartre à Beauvoir en passant par Merleau-Ponty.
Là, un coin est réservé au dramaturge de «l’Equarrissage pour tous», avec photos de représentations et lettre de Vian à Jean-Louis Barrault; un autre secteur rend hommage au pataphysicien, en exposant notamment son impressionnant «cor à gidouille à dix-huit tours»; un autre encore salue l’admirable mélomane qui révérait Charlie Parker et Dizzy Gillespie dans «Jazz hot», tout en y signant de désopilantes revues de presse.
©DR Cliché Patrick Léger / Gallimard. Archives Cohérie Boris Vian, Paris, 2011
[©DR Cliché Patrick Léger / Gallimard. Archives Cohérie Boris Vian, Paris, 2011]
Partout, des manuscrits, des photos, des éditions originales, des dédicaces. Comme dans n’importe quelle exposition, alors? Sans doute, sauf que  l’intérêt de celle-ci vient aussi de la richesse des archives audio-visuelles qui s’y trouvent présentées.
Non seulement on peut écouter ses chansons, du «Déserteur» à la «Java des bombes atomiques», enregistrées par Vian ou par d’autres, mais les extraits de films s’enchaînent, sur différents écrans: voilà par exemple Vian qui ramasse des filles dans sa voiture, à travers Saint-Tropez, avant de retrouver le tout jeune Michel Piccoli à la terrasse d’un café; et le revoilà, qui se faufile entre Jeanne Moreau et Gérard Philipe dans «les Liaisons dangereuses» de Vadim.




On ne s’arrête pas sur chaque détail, c’est impossible, il y en a trop. Mais peu avant la fin du parcours, en gros caractères sur un mur, pas moyen d’éviter ce mot d’ordre, extrait d’un livre hélas inachevé qui se serait appelé «Traité de civisme»:
« Le monde est aux mains d’une théorie de crapules qui veulent faire de nous des travailleurs, et des travailleurs spécialisés, encore: refusons... Sachons tout... Soyez un spécialiste de tout. L’avenir est à Pic de La Mirandole.»
Avec des phrases comme celle-là, on espère que l’avenir sera aussi, pour un moment encore, à Boris Vian. Ca tombe bien, l’Histoire a quelque chose à se faire pardonner.
G.L.
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